Ministère et appel
Par Daniel Hébert  |  1 Avril 2004  |  Lu 2967 fois

Trois passages importants traitent des ministères (ou services) dans l’Eglise : Rom. 12/3 à 8 ; 1 Co. 12/27 0 30 Eph. 4/7 0 15.

Il n’est pas possible de dire tout ce qui pourrait ou même devrait être dit sur un sujet aussi important dans un simple article. J’aimerais cependant mettre en évidence quelques notions fondamentales.

Le ministère est basé sur un don

Les trois passages précités sont d’accord sur ce point.

Le Saint-Esprit accorde des dons (1 Co. 12/4-6). Christ accorde les ministères (Eph. 4/8 ; 1 Co. 12/5). Le ministère est un don dans un sens double :

- celui qui est appelé à un service en reçoit la capacité par un don ;

- le dépositaire de ce don en vue d’un service est un don fait aux hommes.

Paul souligne le caractère indispensable du don quand il se déclare " ministre selon le don de la grâce de Dieu qui lui a été accordée " (Eph.3/7-9). Bien sûr, il faut travailler, étudier, prier, jeûner. Ces éléments soutiennent le don et vont l’aider à s’épanouir. Mais ils ne sauraient le remplacer. " L’onction leur assurera le sacerdoce " (Ex. 40/15).

Il faut aussi souligner que le ministère peut être plus ou moins puissant, avoir plus ou moins d’autorité, de rayonnement, d’envergure. Ceci est fonction de la "mesure du don " (Eph.4/7) qui va délimiter les limites du ministère. C’est ainsi par exemple, que le texte d’Actes 8/5-13 nous montre Philippe exerçant avec succès un ministère d’évangéliste. Cependant, il a assez d’humilité pour reconnaître que son ministère s’arrête là. Ce sont les apôtres qui viendront pour prier en vue du baptême du Saint-Esprit (Actes 8/14-17). Paul lui-même affirme ne pas chercher à dépasser les limites de son ministère (2Co. 10/12-14). Il est vrai qu’il semble parler là de limites géographiques. Cependant, nous sommes invités à discerner à quoi Dieu nous appelle, à seule fin de nous y tenir. Si on considère le chapitre 12 des Romains comme faisant un tout, le déroulement des huit premiers versets peut nous aider à trouver des principes pour discerner notre ministère, et ainsi la place que Dieu nous assigne en tant que membres du corps de Christ.

" Afin que nous puissions discerner quelle est la volonté de Dieu "(A cause du contenu des versets qui suivent, nous pourrions ajouter : " dans son service "), il est nécessaire d’être offert, d’avoir l’intelligence renouvelée, d’être humble (v.1 à 3), d’avoir compris que notre service va s’inscrire au milieu d’autres (v. 4-5). Ce n’est qu’à ces conditions que nous saurons à quoi nous sommes appelés dans la liste qui suit : v. 6 à 8.

Quelques étapes du cheminement vers l’exercice d’un ministère

1. Il procède d’un choix de Dieu

S’il est vrai que tous les hommes sont appelés au salut, il n’en n’est pas de même pour le service. Je veux dire que si tous les chrétiens sont appelés à servir dans un sens général, il y a un choix de Dieu qui va s’opérer en vue de ministères particuliers : " Tous sont-ils apôtres… " (1 Co. 12/29-30) ? Dieu dira au sujet de Paul : " C’est un instrument que j’ai choisi " (Actes 9/15). Ce choix ne dépend pas du désir ou de l’ambition de l’homme mais de Dieu dans sa totale souveraineté (Rom. 9/16).

Il a le droit absolu de se servir de qui il veut et de rejeter qui il veut comme instrument de service qu’il trouverait impropre. C’est ainsi qu’il a aimé Jacob et rejeté Esaü (en tant qu’instrument plutôt qu’en tant qu’homme). A cet égard, il faudrait lire Luc 6/13 : " il en choisit douze ". Marc 3/13 : " il appela ceux qu’il voulut " voir aussi Rom. 9/13).

2. L’appel

Il faut établir une distinction entre :

- l’appel général adressé aux hommes pour être sauvés ;

- l’appel général adressé à tous les chrétiens pour servir ;

- l’appel particulier adressé à des individus en vue d’un service particulier et précis.

3. La qualification ou la formation

Ce n’est pas parce qu’on sait qu’on est appelé qu’on est prêt à servir et qu’on peut être tout de suite opérationnel.

Entre Actes 9/25 et 9/26, il y a une période de trois ans (Gal.1/17-18). Durant ce temps, Dieu donne au " candidat au ministère " connaissance, compétence, expérience. C’est aussi un temps de mise à l’épreuve (1 Tim. 1/12 et 3/10).

4. L’établissement

Cet établissement peut se faire par Dieu (1 Tim. 1/12 ; 1 Co. 12/28) directement par le Saint-Esprit (Actes 20/28), mais il passe souvent par les ministères plus anciens et l’approbation de l’Eglise. Dieu s’est servi de Barnabas pour établir et introduire Paul. Il ne s’agit en aucune façon de s’établir soi-même contre l’avis des autres et de prétendre que c’est le Saint-Esprit qui nous appelle.

5. La reconnaissance (Gal. 2/7-9)

Après les temps d’épreuve (bien long pour Paul : Gal.2/1) en considération du fruit porté (en fonction bien sûr du don et du ministère), " les autres " reconnaissent un ministère parce qu’on a eu le temps de se rendre compte qu’il existe.

On ne peut reconnaître que ce qu’on a pu connaître. Ceci ne veut pas dire que maintenant l’ouvrier sait tout et peut faire ce qui lui plaît : il a encore à apprendre, sa formation durera jusqu’au bout et il devra demeurer approuvé de Dieu, des autres ministères et de l’Eglise.

Paul n’hésite pas à employer le terme " d’appel " quand il parle de sa vocation :

- Rom. 1/1 : " appelé à être apôtre "

- Gal. 1/15 : " appelé par sa grâce ".

La question qui se pose est souvent celle-ci : " Comment savoir que je suis appelé " ? La Parole de Dieu nous donne quelques indications. Elles ne sont plus un cadre hermétique, mais tout appel s’accordera avec elles :

- l’aspiration intérieure : 1 Tim. 3/1.

- Une parole de connaissance accordée à un autre : Actes 9/15.

- Un don spirituel en accord avec l’aspiration intérieure existant déjà dans les personnes concernées (" je les ai appelés " : ils l’étaient et le savaient, Actes 13/2). Dans ce cas, on ne s’arrête pas à la conviction intérieure, ni à la prophétie : on continue de prier et de jeûner pour qu’il y ait un accord général et une confirmation intérieure collective par le Saint-Esprit.

- Timothée a reçu son appel au travers du discernement de Paul avec l’accord de l’Eglise locale qui rendait de lui un bon témoignage (Actes 16/1-2). Son appel a été accompagné d’exhortations prophétiques particulières (1 Tim. 1/18). L’assemblée des anciens lui a aussi imposé les mains. Un don particulier lui a alors été communiqué et sa nature en a été révélée par prophétie.

On est loin de l’esprit révélé dans les textes suivants : 1 Rois 13/33 : " Quiconque en avait le désir était consacré prêtre " (voir aussi Juges 17/6-13 et 18/4-6).

Thème :  Ministère
 
Envoyer à un(e) ami(e)    Publier
 

Poster un commentaire