La tolérance
Par Jean-Claude Guillaume  |  11 Mai 2006  |  1 commentaire  |  Lu 4939 fois
Cher Pasteur,

Lorsqu'on parle de tolérance, il faut garder à l'esprit que tolérance n'est pas synonyme de compromission. À l'époque de l'apôtre Paul, lorsque quelqu'un parmi les païens offrait un animal dans un temple d'idoles, une partie de la viande revenait aux prêtres, et le reste lui était rendu, ce qui lui permettait souvent de la vendre au marché. Parmi les chrétiens, il existait différents points de vue concernant ces viandes sacrifiées aux idoles. Dans 1 Co. 8.1-13 et 1 Co. 10.23-33, Paul accepte ces divergences d'opinion, en insistant sur l'importance de ne pas blesser la conscience des faibles. Dans Rom. 14.1-23, il exhorte à la tolérance, en demandant de s'abstenir de discuter sur les opinions. Mais il prend bien soin de clore ce chapitre en nous mettant en garde contre la compromission :

"Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu'il mange est condamné, parce qu'il n'agit pas par conviction. Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché." (Rom. 14.23)

Le sectarisme, qui est l'antithèse de la tolérance, provient souvent en partie de la confusion entre ces deux termes : tolérance et compromission. Cette confusion a des effets extrêmement pervers. Pour s'interdire ce qu'à tort on croit être de la compromission, on renonce à la tolérance. Le souci légitime de préserver sans compromission ce que l'on est convaincu être la saine doctrine mène alors à l'intolérance et au sectarisme.

Un autre effet pervers de cette confusion est l'illusion prudemment entretenue de l'unité doctrinale dans certaines dénominations évangéliques. Reconnaître ouvertement un pluralisme à ce niveau (ne serait-ce que sur le sujet de la prédestination, où Calvinistes et Arminiens se côtoient en bonne entente), ressemblerait, pour certains, davantage à de la compromission qu'à de la tolérance.

En allant jusqu'aux extrêmes, en bon Pentecôtiste que je suis, il me serait difficile d'accepter de gaieté de cœur, au sein de ma dénomination, un collègue qui baptiserait les petits-enfants ! Et pourtant n'est-ce pas par le moyen du pasteur méthodiste norvégien Thomas Ball Barratt que le réveil de Pentecôte au début du siècle dernier s'est répandu d'abord en Norvège, puis dans toute l'Europe ? Il toucha particulièrement le pionnier du réveil en Suède, le pasteur baptiste Lewi Pethrus, qui devint vite l'ami du pasteur Barratt. Durant plusieurs années, Lewi Pethrus s'employa activement à convaincre son ami d'adopter le baptême biblique des adultes croyants, alors que Barratt défendait âprement le point de vue pédobaptiste. Jusqu'à cette expérience mémorable où, lors d'une convention, tous deux étant logés dans le même hôtel, Barratt soudain convaincu vint tambouriner en pleine nuit à la porte de la chambre de Pethrus pour lui demander de le baptiser ! Je bénis Dieu pour son immense tolérance ! S'il ne fait aucune compromission avec le péché, son amour est tolérant à l'égard de nos ignorances.

Je suis convaincu qu'il n'y a qu'une seule vérité. Mais ce que j'ai tendance à appeler vérité n'est en fait que ma compréhension de la vérité. Et un autre peut fort bien, avec la même sincérité, en avoir une autre compréhension. Admettre cela n'est pas renier ses convictions, ni faire de la compromission, c'est faire preuve de tolérance. Et c'est l'attitude de l'apôtre Paul :

"… et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas." (Phil. 3.15-16)

Côté conviction, Walter Beuttler aurait dit : "Ce n'est pas de ma faute si j'ai raison !"

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Vos commentaires (1)

Posté le 28 Août 2008 à 10h46
Bien Cher Pasteur, Soyez béni pour ce message rempi de sagesse et de maturité ! En effet, j'ai été 60 ans catho, (j'ai 70 ans), je suis servante du seigneur, et j'ai eu beaucoup de blessures de la part d'une servante de Dieu administrant particulièrement dans le délivrance, et pour laquelle TOUS les cathos sont anathèmes, hypocrites, satanistes, ignorant tout de Jésus car adorant un petit Jésus complètement impuissant, Marie les saints et le purgatoire, IGNORANT ABSOLUMENT TOUT DE L'AMOUR DE dIEU, NE POUVANT PAS AIMER SINON d'un amour HUMANISTE, affectif, sentimental, qui n'a rien à voir avec l'AMOUR DE DIEU QUI EST COMPASSION, et séparation et je m'arrête. Son blog est extrêmement prisé, chacun peut déverser sa méconnaissance, même les nouveaux convertis, du moment qu'ils dénigrent et condamnent les cathos, sont publiés, mais dès que vous parlez de - douceur, - tempérance, - tolérance des faibles, - éviter de blesser ceux qui cherchent en vérité, etc..., ces vertus de Jésus Christ,