20 Juillet 2008 - Actualité christianisme, société, religion
La politique n’est pas la propriété exclusive du ‘’pouvoir démoniaque’’ !
Par Paul Ohlott
Monde  |  Source : TopInfo  |  Lu 1374 fois  |  30 votes

Les 20 et 21 juin, le séminaire international du Conseil pontifical «Justice et Paix» s’est tenu à Rome pour réfléchir sur l’engagement politique des chrétiens. Au programme : Etat des lieux et perspectives d’avenir.

Dans sa conclusion, traduite en français et publiée par la revue Liberté politique, le Cardinal Renato Martino, Président du Conseil Pontifical «Justice et Paix», s’est réjoui de l’émergence de «tant de défis – culturels, sociaux et économiques – que les chrétiens doivent relever, en voyant dans la politique une forme exigeante de la charité». Et après deux jours de travail, le séminaire a souligné avec force, que la politique demeure «un espace essentiel, et un moyen fondamental pour la construction d’une société digne de l’homme».

Sans tomber dans l’illusion d’une politique capable d’apporter la solution à tous les problèmes humains, le Cardinal Renato Martino a rappelé qu’il devient «encore plus actuel et même urgent pour les chrétiens de refuser les attitudes de mépris de la politique, identifiée seulement comme une ambition où fleurissent le cynisme, la corruption», ou plus encore, «le pouvoir démoniaque». Bien au contraire, il appartient aux chrétiens de «purifier et d’enrichir» la raison politique, et d’éclairer «avec la lumière de l’Evangile, tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, unit la politique à la charité».

Les fondements d’une politique chrétienne

En résumé de ces deux jours de travail, le séminaire considère que la politique doit toujours placer au centre la personne humaine, dans le respect de ses droits fondamentaux et surtout du droit à la vie. Par ailleurs, la politique doit être au service du bien commun, valoriser la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, promouvoir les valeurs de vérité, de justice, de liberté et de charité, régler avec justice et équité les rapports économiques avec une attention particulière envers les pauvres, et enfin, garder à l’esprit qu’une société sans Dieu à toutes les chances de devenir une société contre l’homme.

Pour autant, les rôles ne doivent pas être confondues. Et si le Cardinal Renato Martino met en exergue «l’urgence d’un engagement plus généreux des Eglises dans le domaine de l’éducation, et de la formation à l’engagement social et politique», il précise également que «l’Eglise ne doit pas faire de politique et n’est pas une politique». Dissociation salutaire entre l’institution ecclésiale et l’engagement individuel de chaque chrétien en tant que citoyen à part entière. En outre, dans sa conclusion, il déclare que l’Eglise ne doit pas s’intéresser à la politique «pour défendre ses propres intérêts, mais afin que la politique soit riche de valeurs au service du bien de l’homme».

Paul OHLOTT

 

Encadré – Les béatitudes du politique, par le Cardinal Van Thuan

Heureux l’homme politique qui est conscient du rôle qui est le sien.

Heureux l’homme politique qui voit son honorabilité respectée.

Heureux l’homme politique qui œuvre pour le bien commun, et non le sien.

Heureux l’homme politique qui cherche à être toujours cohérent et respecte ses promesses électorales.

Heureux l’homme politique qui réalise l’unité et, faisant de Jésus son centre, la défend.

Heureux l’homme politique qui sait écouter le peuple avant, pendant, et après les élections.

Heureux l’homme politique qui n’éprouve pas la peur, en premier lieu celle de la vérité.

Heureux l’homme politique qui ne craint pas les médias car c’est uniquement à Dieu qu’il devra rendre des comptes à l’heure du jugement.

 

Encadré - La prière du pasteur Joe Wright

Le pasteur Joe Wright a prononcé cette prière lors d'une ouverture de session à la Kansas House of Representatives (Sénat).

«Seigneur, nous venons vers toi aujourd'hui pour te demander pardon et pour te demander de nous guider. Nous savons que ta Parole nous dit: ''Malheur à ceux qui appellent bien ce qui est mal'', et c'est exactement ce que nous avons fait. Nous avons perdu notre équilibre spirituel et nous avons renversé nos valeurs. Nous avons exploité le pauvre et nous appelons cela ''La loterie''. Nous avons récompensé la paresse et nous avons appelé cela ''L'aide sociale''. Nous avons tué nos enfants pas encore nés et nous avons appelé cela ''Le libre choix''. Nous avons abattu des avorteurs et nous avons appelé cela ''La justice''.

Nous avons négligé de discipliner nos enfants et nous avons appelé cela ''Développer leur estime de soi''. Nous avons abusé du pouvoir et nous avons appelé cela ''La politique''. Nous avons convoité les biens de nos voisins et nous avons appelé cela ''Avoir de l'ambition''. Nous avons pollué les ondes radio et télé avec la grossièreté et la pornographie et nous avons appelé cela ''Liberté d'expression''. Nous avons ridiculisé les valeurs établies depuis longtemps par nos ancêtres et avons appelé cela ''Les Lumières''. Ô Dieu, sonde notre cœur; purifie-nous et libère-nous de nos péchés, amen!»

 
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