13 Juillet 2008
Un cœur en tesson de verre

Par
Lydie Grivalliers
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En apparence, tout semble normal. Le sourire est là sur son visage et paraît sincère. « Bonjour, comment ça va aujourd’hui ? » La réponse ne se fait pas attendre : « Ça va ! » Son attitude est comme qui dirait « politiquement correcte ». Eh oui, extérieurement, ça a l’air d’aller, mais au fin fond de son être, c’est une toute autre histoire ! Le coffre-fort de son cœur déborde de souffrances cachées, d’épreuves non digérées, de non-pardons, d’amertumes mortelles… Si l’on pouvait lire dans ce cœur comme dans un livre ouvert, la stupeur serait grande, le choc évident.
Qui pourrait le croire ? Qui saurait imaginer un seul instant la teneur du diagnostic ? Qui oserait évoquer les symptômes de cette affliction ? Jugements erronés, pensées négatives, émotions déguisées, mensonges inhérents, manigances et subterfuges en tout genre, mauvaises influences, conscience endormie… La liste est longue, et les effets secondaires impitoyables.
Cette personne a littéralement baissé les bras sur le chemin caillouteux de sa vie, et a ouvert grandement la porte au fiel de la souffrance. Où est passé sa loyauté, son optimisme, sa soif de vérité, sa sensibilité, sa persévérance ? Elle a perdu son premier amour. Elle a négligé de se rappeler que l’important n’est pas la forme mais le fond, que l’essentiel n’est pas de partir mais d’arriver. Elle a oublié de veiller sur son cœur. Aujourd’hui elle n’est plus en conformité avec l’image qu’elle projette autour d’elle. Sa vie n’est tout simplement plus en règle devant Dieu. Elle a doucement glissé du côté obscur, et aujourd’hui sa vie est en réel danger.
Qui peut la juger aujourd’hui ? Lui jetterais-je la première pierre ? Que Dieu me préserve de la critiquer et de la condamner, et que, dans sa grâce, il me communique tout l’amour nécessaire pour lui venir en aide. Car il est inutile de se voiler la face, aider une telle personne n’est pas facile. Son cœur est un tesson de verre qui cisaille, arrache, coupe, blesse, tranche, divise et meurtrit. Et il ne fera rien d’autre tant qu’il sera dans cet état. Alors, suis-je prête à accepter les inévitables blessures que je recevrai si je lui tends la main ? Suis-je parée pour recevoir les éclaboussures, pour « essuyer les plâtres » ? Est-ce bien raisonnable ? Quelle est la solution ?
Il est facile d’aimer et d’aider quelqu’un qui est docile, maniable et compréhensif. Mais qu’en est-il d’un écorché vif, d’un amoché de la vie, d’un réfractaire ? « Si je l’aide et qu’en plus il me fait du mal, la belle affaire, tant pis pour lui, et qu’il se débrouille ! » Ne serions-nous pas tentés de penser de la sorte ? Même si nous considérons tous plus ou moins en lisant ces lignes qu’une telle chose ne nous arrivera jamais, qu’en savons-nous réellement ? Un cœur meurtri, nous expérimentons tous cela un jour ou l’autre sur le parcours de notre vie. Nous avons chacun une manière différente de réagir. Certains en ressortent plus forts, mais d’autres, c’est vrai, ne s’en relèvent pas.
Que le Seigneur nous aide à avoir la bonne attitude, le comportement adéquat, la sagesse qui vient d’en haut. Pour ramasser un morceau de verre, il est conseillé de le prendre avec un papier ou un chiffon afin de ne pas se couper. Et si parfois hélas, il est trop difficile d’aider ces personnes écorchées vives en actes ou en paroles, optons pour le « papier » de l’amour et le « torchon » de la prière qui ont une grande efficacité. Dans le secret de notre chambre prions pour ce cœur en tesson de verre. Intercédons quotidiennement afin qu’il réalise la gravité de son état, se laisse toucher par Dieu et guérisse enfin.
Lydie GRIVALLIERS
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