Tendre la main autrement
Par Christiane  |  7 Mai 2008  |  2 commentaires  |  Lu 3431 fois
Nous nous trouvons parfois dans des situations plus que surprenantes…
J’ai souhaité faire un cadeau à une personne de mon entourage, personne que je sentais en souffrance depuis que nous nous connaissions et par mon geste j’ai voulu la mettre en valeur,lui dire à ma façon qu’elle existait.

Je lui ai donc tendu le paquet et comme mot de remerciement... j’ai eu une claque.

Recul, silence de ma part…
Comment fallait-il réagir à ce retour ? Lui rendre une claque ne m’a pas effleuré.
 
J’ai poursuivi le reste de temps commun de la journée avec elle en maintenant la relation à l’indispensable… mais je ne souhaitais pas que ce geste de sa part soit le point final.

Lors de notre rencontre suivante je lui ai donc précisé que mon geste à son égard ne présentait aucune ambiguïté et que je souhaitais simplement lui faire plaisir.

Pas de réaction de sa part…

Deux réflexions qui restent importantes pour moi m'ont aidée :
Le témoignage d’une femme de couleur qui a été à plusieurs reprises confrontée à des comportements racistes alors qu’elle cherchait du travail. Son père l’encourageait à aller de l’avant et lui proposait de réfléchir " à la souffrance qu’il y a derrière ses comportements racistes à son égard ".

Une réflexion de Frère Roger : " Dieu nous demande d’être en toute situation le reflet de sa présence ; il nous invite à rendre la vie belle à ceux qu’il nous confie. "

Ma collègue n’a pas été en mesure d’aller plus loin dans sa réflexion mais à ce jour notre relation est à nouveau satisfaisante et en rapport avec ce qu’elle est en mesure d’y mettre.

J’ai simplement fait le choix de lui tendre la main autrement,
en attendant que peut-être un jour elle laisse émerger une part de sa souffrance.

en partenariat avec : www.famillejetaime.com


Thème :  Attitude
 
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Vos commentaires (2)

  Veronique (Réunion)
Posté le 2 Juin 2008 à 21h17
J'ai eu à vivre ce genre de situation il y a quelques années. La claque pour moi a été morale mais très douloureuse quand même. J'ai offert un cadeau à une personne de couleur mais haut placé que j'estimais énormément et à qui je voulais montrer mon affection. Elle avait eu un différent en public (devant moi aussi) avec une de ses meilleures amies ce même jour et avait été très contrariée. Mon cadeau l'a irrité et je me suis prise la colère qu'elle n'avait pas pu dégager pour l'autre situation. En hurlant, elle m'a demandé pour qui je la prenais pour la traiter ainsi et lui offrir des cadeaux !!! Ses remontrances à mon égard et ses leçons de moral ont duré facilement 1 heure sans que je comprenne ce qui m'arrivait ! J'ai réalisé très longtemps après que ce qui pouvait me faire plaisir pouvait être humiliant pour les autres et qu'il fallait éviter la projection dans tous les domaines: les autres n'ont pas la même histoire ni le même vécu que nous ! Heureusement que Dieu panse les plaies de chacun de nous et nous éclaire pour agir mieux !
 
  La Sunamite (France)
Posté le 10 Mai 2008 à 20h49
... Nous sommes certainement plusieurs à réfléchir, désemparés, devant ce récit. Puis à réfléchir, encore et encore. Mais bien que je ne suggère à personne de frapper ou même en tant que chrétien, de faire de quelque brutalité que ce soit, finalement j'ai compris le cheminement mental de la soeur qui a frappé. Beaucoup ignorent que donner peut être un acte de domination. Il est d'ailleurs utilisé à l'éxcès par les maris qui écrasent leur épouse, pour n'évoquer que ceux-là. Pas la possibilité de m'étendre sur ce sujet ici. Cet incident me remet en mémoire une histoire que j'ai vécue péniblement dans mon église il y a quelques années: une diaconesse avait ameuté toute l'assemblée, touchée par une famille monoparentale, elle a voulu que chacun fasse un don pour vêtir cette famille, parce qu'elle avait remarqué que la mère portait invariablement les mêmes habits. Elle avait, disait-elle découvert que la mère avait été abandonnée et rencontrait beaucoup de diificultés matérielles... Une fois la mère abandonnée mise au courant de l'initiative de la diaconesse, elle a refusé tous les et a même rendu ceux qu'elle avait déjà pris. Faute évidente de respect, de délicatesse. La bonne âme ignorait cette dimension. La considération qui doit imprégner toutes nos relations... QDVB.
 
 
 
           
 



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