Les plus âgés parmi eux venaient de passer les soixante dix dernières années loin de leurs terres. Tous ceux qui rejoignirent la ville étaient volontaires. Ils commencèrent à rebâtir, mais cela ne dura pas. Les pressions, le découragement, le harcèlement constant de leurs adversaires eurent raison d’eux. Chacun revînt à ses propres affaires et le temps s’écoula... Si vite d’ailleurs ! Cela faisait une quinzaine d’années déjà que la reconstruction du temple était abandonnée. Mais un mal être persistait.
Aggée est un petit livre passionnant, caché à la fin des petits prophètes. Il ne contient que deux chapitres, qu’on relira avec beaucoup de bénéfice.
L’Eternel attire l’attention de son peuple sur un fait étonnant. Alors même qu’ils travaillent assidûment à satisfaire leurs propres besoins, ceux-ci ne sont jamais satisfaits. Tandis qu’ils veulent plus, ils se retrouvent avec moins, sans jamais obtenir le résultat escompté. Leurs maigres revenus disparaissent bien vite sans qu’il ne leur reste rien. Chaque tentative d’amélioration de leurs conditions de vie échoue. Lorsque la grêle n'abîme pas les récoltes, les maladies s’en chargent. Un peu comme si Dieu œuvrait lui-même contre eux.
Étaient-ils satisfaits de la situation ? Leur vie présente comblait-elle leurs aspirations ? L’Eternel les invite à réfléchir sérieusement à cette situation. Allaient-ils continuer ainsi ou différemment ?
Et Dieu de leur dire : " Vous voulez savoir pourquoi cela vous arrive ? C’est à cause de vous ! C’est parce que mon temple est en ruine, tandis que vous courrez chacun pour sa maison ". Dieu le reconnaît volontiers. Il est lui, derrière les circonstances qui laissent le peuple dans le désarroi.
Aggée m’encourage à voir mes propres circonstances de vie d’une manière spirituelle. A considérer l’origine divine des difficultés que je peux traverser. Tout du moins leur valeur corrective. Je ne suis pas meilleur que me pères. Je suis bien lent à accepter de faire du Royaume de Dieu ma préoccupation première. Et Aggée me dit : " Tant que tu ne te soucieras pas sincèrement des intérêts de Dieu plus que des tiens, ce que tu recherches t’échappera. Mais lorsque tu reverras tes priorités et prendras autant de peine à construire la maison de Dieu que ta propre demeure, alors Dieu te bénira ".
A l’instar du peuple d’Israël jadis découragé de bâtir le temple, nos situations d’églises peuvent parfois être si peu prometteuses à vues humaines. Mais comme dit Aggée, ce que tu entreprends aujourd’hui, si insignifiant soit il, travail à un projet bien plus grand. N’est-ce pas là la vie à laquelle nous aspirons ? Œuvrer à un projet éternel, d’une valeur inestimable, au service du Roi des rois ?
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